Le bout du bleu

Les murs meurtris n’avaient plus à retenir que l’écho des bombes. Au-delà, dans la plaine, des abris de tôle refusaient obstinément de s’ouvrir. Ils étaient le rempart de quelques restes de vies précaires qui fuyaient derrière des écrans illusoires, repliées entre elles, sur elles, sous elles, comme pour composer un monde encore possible mais isolé, vide de toute illusion, excepté celle de ne pas sombrer tout à fait. Les verrous ne cédaient que pour mon père. Lui s’était définitivement éloigné de la troupe pour être encore auprès de ceux qu’il continuait de vouloir protéger. Il savait son réconfort dérisoire, car il avait épuisé toute promesse. Bien qu’il y touchât au plus près, l’essentiel lui échappait, car il était le seul à pouvoir relever ces pauvres regards du sol où il s’étaient laissé ensevelir.

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